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>>Pour faire oublier le stress des soins intensifs

Accueillant autant les grands prématurés que les nouveaux-nés nécessitant des soins parfois lourds, ainsi que des enfants malades issus de toute la Belgique, l’hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola (Huderf) a inauguré une nouvelle unité néonatale intensive et l’unité koala réaménagée, compte tenu de l’importance grandissante de la relation «mère-enfant» et la volonté d’intégrer au mieux les parents dans les soins donnés à l’hôpital.

La direction de la clinique bruxelloise exclusivement pédiatrique - la seule du genre en Belgique - a souhaité rénover son unité néonatale intensive, attenante à l’hôpital des enfants, et qui accueille les grands prématurés (moins de 1.500 grammes à la naissance) et nouveaux-nés nécessitant des soins lourds (suite à des cardiopathies majeures et anomalies congénitales variées), ainsi que «l’unité koala» du nom de cet animal qui garde son petit collé contre lui. De nouvelles chambres ont été aménagées pour ressembler le moins possible à des chambres d’hôpital et offrir à un parent la possibilité de loger sur place. «Il y a actuellement dix-neuf services de néonatologie intensive dans le pays, avec des spécialités très pointues, où sont soignés des bébés souffrant parfois de pathologies gravissimes et extrêmement particulières, précise le Dr Anne-Britt Johansson, chef de clinique en néonatologie à l’Huderf. On a vu des parents venir de très loin, de l’autre côté du pays, et avec peu de place en fin de compte auprès de leur enfant. Même lorsque la situation s’améliorait, certains étaient souvent très angoissés à la vue, par exemple, de leur bébé placé sous respiration assistée». D’où la volonté de développer ce concept de «parents intégrés dans les soins intensifs», d’autant que le diagnostic anténatal des malformations congénitales et la périnatalogie se sont considérablement développés ces dernières années sur le campus. «On sait que le stress des parents et l’annonce d’un diagnostic sont déjà un peu atténués quand le lieu des soins est déjà connu, les techniques déjà vues».

Les deux unités ont donc été entièrement repensées et reconstruites afin d’accueillir au mieux l’enfant malade ou le nouveau-né, parfois prématuré, grâce à l’intégration de nouvelles technologies médicales, tout en facilitant, pour son bien-être, la présence continue de ses parents à ses côtés. Cette nouvelle organisation correspond, de fait, à une volonté de la direction de l’Huderf d’associer les parents au cœur du projet hospitalier et de les y intégrer, outre l’octroi de soins de qualité pointus, accessibles à tous, incluant une approche aussi plus humaine et moins technique. Celle-ci avait particulièrement à cœur, dans ses projets, de faciliter l’hospitalisation conjointe de l’enfant et de sa mère, et parfois - et même de plus en plus - du père également, sa cellule familiale. Ce projet s’adresse donc surtout aux nouveau-nés nécessitant une prise en charge de longue durée, médicale (prématurité, maladies métaboliques, neurologiques) ou chirurgicale (interventions cardiaques, urologiques…), ainsi qu’à leurs parents.

Accueil optimal tant sur le plan médical qu’affectif

Présents auprès de leur enfant tout au long de l’hospitalisation, les parents peuvent participer à chaque étape des soins et suivre son évolution. «C’est aujourd’hui le désir de 95% des parents qui demandent à pouvoir assister et soutenir leur enfant dans cette première épreuve, mais aussi le signe d’une évolution des mentalités vers une humanisation plus grande de la médecine», relève la direction de l’Huderf. «En accord avec les obstétriciens, nous essayons au maximum de développer la prise en charge de la maman et du bébé conjointement, même si ceci est parfois compliqué». Une passerelle commune relie désormais le CHU Brugmann et l’hôpital des enfants pour permettre un accès aisé entre l’unité néonatale intensive, la salle d’accouchement et des grossesses à haut risque et la maternité. Véritable cordon ombilical devant aider les parents à mieux vivre l’épreuve que reste toujours pour eux l’hospitalisation d’un enfant.

«Le stress et le traumatisme psychologique générés chez les parents par la découverte de malformations congénitales ou de pathologies graves peut-être un frein à l’établissement du lien précoce «mère-Enfant» qui est très important, ajoute le Dr Johansson. Ne pas séparer la mère de son nouveau-né et l’impliquer dans les soins intensifs permet de tisser ces liens précoces, prévient les troubles de la relation parent(s)/enfant(s) et favorise l’allaitement. Les parents peuvent en effet venir voir leur enfant autant de fois qu’ils le veulent, aussi souvent qu’ils le peuvent, le but étant que leur stress soit oublié».

L’objectif de l’Huderf est bien d’atténuer l’aspect technique lié à cette prise en charge médicale extrêmement pointue des enfants qui peut être génératrice d’angoisses, facilitant ainsi l’établissement du lien précoce parent(s)/enfant(s) tout en profitant d’une structure néonatale multidisciplinaire de pointe. Par ailleurs, la clinique pédiatrique veut impliquer les parents dans les soins au quotidien, favoriser au maximum la compréhension de la pathologie, et ainsi acquérir une autonomie plus rapide et assurer un meilleur suivi médical ultérieur. Afin de permettre une cohabitation agréable entre les parents et les services de soins intensifs, une charte de l’unité koala a été créée: celle-ci rassure les parents quand aux rôles et responsabilités des médecins dans les soins donnés à l’enfant. Elle prévoit également d’inclure les parents dans les différents processus en permettant des échanges avec le corps médical. Sans oublier également l’espoir de favoriser la cohésion de la famille, en espérant assurer un meilleur développement neurosensoriel.

Auteur : Thierry Goorden
Source : Le Journal du Médecin (n° 1801 du 15/12/2006) - ©Lejournaldumedecin.com

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